Le poids de la parentalité en 2021

Photo : @vnessadoll

Élever un enfant n’a jamais été une tâche facile (loin de là). Les incompréhensions avec l’enfant, les bêtises du quotidien, la scolarité, le comportement, bref l’éducation du début à la fin, est déjà une chose difficile à gérer. Alors ajoute à cela la pression sociale qui t’impose d’être “un parent exemplaire”. Mais bien sûr sans que personne ne te donne le mode d’emploi, parce qu’en réalité personne ne sait définir “un parent parfait”. 

Durant les dernières années, la parole s’est libérée. Les parents s’adonnent à des éducations plus libérées, plus ouvertes, moins strictes, plus tournées vers le bien-être de l’enfant. Et pourtant, ça n’a rien changé à cette pression qui te demande d’être au top du top 24h/24, 7j/7. 

Quoi que tu fasses, tous les yeux seront rivés vers toi et le jugement tombera. Dans un premier temps, par la famille proche qui t’entoure avec toutes ces femmes qui te “donneront des conseils” (qui ressemblent plus à des ordres de marche à suivre plutôt qu’à des conseils, mais soit). Ça continuera ensuite avec tes collègues de travail qui auront elles aussi un avis plus ou moins constructif sur ta situation et ton enfant, pour finir par toute ta sphère sociale qui s’en mêlera.

Et alors là, le marathon commence. Comment appliquer tous les “conseils” donnés. Aucun ne va dans le même sens, personne ne dit la même chose et pour cause : nous sommes tous et toutes différent.es, ainsi que nos enfants. (Enfin plutôt vos enfants, parce que moi, je n’en ai pas). 

Alors oui, je sais que tu l’as remarqué, je dis “elle” et je n’ai pas du tout été inclusive dans mes dernières lignes. Parce qu’on le veuille ou non, ce ne sont que très rarement les hommes qui osent “conseiller” sur la manière d’éduquer un enfant. Ce sont donc bien toutes les femmes qui t’entourent qui vont perpétuer la tradition et t’imposer ce qu’on leur a imposé. (Ironie du sort.)

Dans ces quelques lignes, nous ne t’apprenons rien. Mais nous te confirmons que tu as le droit de tout envoyer bouler et surtout que tu n’es pas seul.e. Cette pression sociale existe depuis la nuit des temps et repose sur les épaules des femmes depuis, même si la tendance commence à inviter nos chers compatriotes dans cette bataille de la « parfaititude parentale”.

Le culte de la performance

Aujourd’hui une bonne mère doit (attention cette liste de stéréotypes peut faire mal aux yeux et vous faire perdre patience si vous êtes à fleur de peau) :

  • Obligatoirement allaiter
  • Reprendre le travail rapidement (et en pleine forme)
  • Être toujours en forme 
  • Faire du sport pour prendre soin de sa santé (et perdre les kilos de la grossesse)
  • Prendre du temps pour elle, pour être belle pour son mari (elle est exagérée celle-là, je te l’accorde) 
  • Être toujours disponible pour ses enfants 
  • Ne jamais perdre patience
  • Avoir une jolie carrière professionnelle (oui, aussi)
  • Bref, toi-même tu sais, liste exhaustive. 

Il est clair qu’aucun être humain ne peut répondre à tous les critères imposés de la parentalité “parfaite”. Et pourtant, nous allons courir après toutes ces règles tacites pour affirmer socialement notre existence et nos capacités en tant que parents.

Il est difficile de se frayer un chemin hors de ces normes. La meilleure solution serait peut-être de le faire sans en parler à qui que ce soit et de prendre nos décisions, sans demander l’avis de ceux qui nous entourent pour s’assurer de faire les choses en notre âme et conscience, sans s’imposer le regard des autres. 

C’est d’ailleurs la décision qu’a prise Tiphanya. Elle nous en parle dans son témoignage que tu peux retrouver dans l’onglet Interview.

Entre le rêve et la réalité

Devenir parent est souvent rêvé avant de devenir réalité. Quel parent ne s’est jamais retrouvé à imaginer son enfant, à imaginer la relation qu’il entretiendra avec lui, à penser à l’éducation qui lui sera donnée. Qu’on le veuille ou non, ces rêves sont souvent liés aux attentes de la société. Je veux dire par là qu’on va plus souvent imaginer son enfant : avec de bons résultats scolaires, propre avant 3 ans, marchant avant les autres. On s’imagine en pleine forme, gardant patience face à toutes situations, ayant une relation privilégiée avec nos enfants, sans disputes, avec une adolescence sans prises de bec. Nos attentes sont façonnées par la case sociale dont on fait partie, c’est inévitable. 

Et pourtant, la réalité ne se passe pas toujours comme prévu. Se retrouver face à une situation opposée à celle imaginée peut être vécu comme un échec. Ça n’en est pas un, être parent c’est trouver des solutions adaptées au moment présent. 

Cet article n’avait pas pour but de vous apprendre quoi que ce soit ou de vous délivrer une info exclusive sur la parentalité. Il avait plutôt pour but de rappeler que vous n’êtes pas seul.e. Ne vous trouvez pas moins bien ou mieux qu’un.e autre. Vous êtes qui vous êtes et le temps gagné à ne pas s’acharner à coller aux stéréotypes de la société, sera un temps de plus pour vous. Et sûrement du temps de vie gagné, grâce à moins d’anxiété. (Je n’en sais rien, je ne suis pas médecin, mais j’imagine.)