Margaret Sanger – Le planning familial

Pionnière de la lutte en faveur du contrôle des naissances aux Etats-Unis au début du XXe siècle.

« Ce fut l’aube d’un nouveau jour dans ma vie. […] Je suis allée me coucher pensant que peu importe le prix à payer ç’en était fini des remèdes superficiels et palliatifs ; j’étais déterminée à prendre le mal par la racine, à faire quelque chose pour changer le destin des mères dont le malheur était aussi vaste que le ciel. »

Féministe d’avant-garde, radicale, provocatrice, Margaret Sanger est une figure incontournable et controversée de l’histoire de la lutte pour la liberté de la contraception.

Tout au long de son combat, elle se retrouvera confrontée aux opposants « conservateurs » pour qui la contraception et l’avortement sont des méthodes contre nature et qui perçoivent ces changements comme un facteur de débauche et de déclin moral.

Elle a milité toute sa vie pour l’accès aux moyens contraceptifs et à l’éducation sexuelle qu’elle envisage comme une arme contre la pauvreté et l’oppression des femmes, à une époque où la propagande pour la contraception et l’avortement était encore prohibée aux Etats-Unis.

Magaret Sanger, née en 1879 aux États Unis, est décédée à 87 ans aux États Unis. 

Fille d’une famille de 11 enfants, sa mère décède suite à plusieurs fausses couches (après 18 grossesses). 

Elle comprend alors que les femmes devraient toutes avoir la possibilité de choisir quand et surtout combien d’enfants elles souhaitent avoir ! 

En 1902, elle se mari avec William Sanger et ils deviennent tout deux activistes politique. 

Mais son combat, lui, a débuté lorsqu’elle fut confrontée en tant qu’infirmière à la détresse des femmes souhaitant mettre fin à leur grossesse… 

“Je ne pouvais en supporter davantage, je savais que je ne pourrais plus me contenter de ma tâche d’assistance aux mourants. J’étais résolue à agir pour changer le destin de ces mères de famille dont la misère était aussi immense que le ciel.”

Elle était en contact permanent avec des femmes aux grossesses à répétition, aux fausses couches et donc aux avortements clandestins déclenchés de manière archaïque, aiguilles de coutures ou térébenthine … Tout cela à cause du manque d’informations sur les différents moyens d’éviter les grossesses.

Mais une expérience en particulier a été le déclencheur… Le décès d’une femme qui a tenté d’avorter seule après avoir déjà eu 3 enfants marque le tournant dans la vie militante de Margaret Sanger.

En 1910 : elle commence à promouvoir le « Birth control » mais rappelons qu’à cette époque, une loi interdit la diffusion d’informations sur la contraception et l’avortement : La loi Comstock (1873), qui était censée lutter contre l’obscénité. 

2 articles à ce sujet sont publiés dans le New York Call, « Ce que les filles devraient savoir » & « Ce que les mères devraient savoir », qui traitent de l’éducation sexuelle des jeunes filles et des femmes.

En 1914 : Margaret publie une revue «  la femme rebelle » qui prône ce slogan « Ni dieux, ni maitres » qui défend l’accès à l’avortement & dont l’objectif éditorial est de rendre aux femmes la maitrise de leurs vies et de leurs corps. 

En 1915 : Elle se rend en Angleterre sous le nom de Bertha Watson pour échapper à un emprisonnement, accablée par la lois Comstock. (Les charges seront abandonnées un peu plus tard sous la pression populaire).

En 1916 : De retour à New York, elle ouvre au courant de l’année la 1ère clinique de contraception pour le contrôle des naissances ou sont prodigués des conseils et toutes les informations sur les différentes méthodes contraceptives possibles. Elle fera importer le diaphragme de Grande Bretagne, proposera des spermicides et bien sur parlera des préservatifs. 

Le semaine qui a suivit l’ouverture, elle sera arrêtée et la clinique fermée. Elle fera 30 jours de prison (ce qui arrivera 8 fois au cours de sa vie). Son arrestation étant très médiatisée, de riches donateurs se sont engagés à la soutenir. Cette fois encore poursuivie par la justice pour obscénité (encore merci à cette fameuse lois Comstock), elle gagnera en appel & la cours autorisera les docteurs à prescrire les contraceptions, uniquement pour raisons médicales !

En 1921 : Son combat prend tout son sens : La création de « la ligue pour le contrôle des naissances » qui deviendra en 1942, le planning familial que nous connaissons aujourd’hui ! 

En 1923 : elle crée une clinique gérée par des infirmières habilitées et des assistantes sociales. 

En 1936 : C’est gagné ! (ou en tout cas c’est une magnifique avancée). Après de longues années, ses efforts sont récompensés ! La justice autorise les médecins à prescrire un contraceptif aux femmes qui le souhaitent!

A la fin de sa vie, Margaret Sanger s’engagera dans la recherche pour « l’Énovid » communément appelé LA PILULE ! Elle militera pour sa légalisation qui sera obtenue au début de l’année 1960.

Mais tout au long de sa vie, elle a aussi choqué l’opinion public à plusieurs reprises en partageant des idées extrémistes.

Elle prônait l’idéologie eugéniste. C’est une théorie dont l’ensemble des méthodes et pratiques visent à améliorer le patrimoine génétique de l’espèce humaine. En clair, d’après elle, certaines classes sociales ne devaient pas se reproduire tandis que d’autres, avec les caractéristiques désirées, pouvaient enfanter sans restrictions.

Aujourd’hui, nous pouvons affirmer sans aucuns doutes que Margaret Sanger s’est battue tout au long de sa vie pour le droit des femmes malgré ses idées qui seraient intolérables de nos jours.