L’interview de Christine Blec

Pour compléter nos recherches concernant l’association du mouvement du nid, nous avons demandé une interview à Christine Blec (Présidente nationale du mouvement du nid jusqu’en Juin 2019), qui a sans hésitation accepté de nous accorder du temps.

Nous lui avons posé des questions très personnelles sur sa vie mais aussi sur ses idées. Cet entretien a été pour nous très enrichissant, & espérons qu’il le sera pour vous aussi.

Christine Blec est la petite fille d’anarchistes espagnols, son père a immigré en France avant sa naissance. Elle a été élevé dans les mouvements d’éducation populaire & a grandit au foyer de l’enfant à Strasbourg dans le logement de fonction de son père.

Depuis toujours elle a donc été en contact avec des personnes et des familles, plus ou moins en difficultés sociales.

Cela a t’il un lien avec son parcours professionnel, personnel et associatif ?

(Question rhétorique…)

Au niveau professionnel, Christine Blec s’est sans surprise dirigée vers la profession d’éducatrice spécialisée puis d’autres branches sociales dans lesquelles elle exerce depuis 1992 (27 ans pour ceux qui comme moi, sont fachés avec les chiffres).

Donc 27 ans à travailler auprès des plus précaires, ou comme elle nous l’a dit : Au plus proche des plus éloignés. Elle considère que le but de son travail est de créer DES PONTS, entre ces personnes et les institutions en leur rappelant (aux institutions) qu’ils font tous parti du même monde.

Aujourd’hui elle est chef de service du foyer des hirondelles qui organise l’insertion social, qui amène les jeunes vers une prise en charge personnelle & qui travaille à faire réussir & progresser les jeunes de 13 à 17 ans.

Au niveau associatif, la non plus pas de surprise, elle a toujours été très active, & a été de 2005 à 2019 la présidente nationale du mouvement du Nid France.

Nous lui avons demandé si avec toutes ces expériences et ce bagage pro et asso elle avait déjà eu des doutes concernant l’utilité de ses actions et elle nous à répondu que nous ne pouvions pas changer le monde, mais que nous pouvions changer ce qui est autour de nous. Que nous devions tous participer à la construction de notre société et que le bénévolat est aussi important que son métier car il permet de faire ce que le salariat social ne lui permet pas.

Nous en avons déduit que ces deux actions sont complémentaires et permettent de faire avancer les choses, pas toujours aussi vite que l’on aimerait mais assez pour ne pas douter des bienfaits de notre engagement.

Concernant la prostitution & la sexualité ses idées sont claires. La sexualité est & doit être le prolongement de la relation, dans un système inégalitaire la liberté oppresse quand la lois protège (nous avons retenu cette citation, on l’adore pas vous ? )

Elle considère que l’on en vient pas à la prostitution par hasard, mais la volonté de lutter contre non plus ! Il y a forcement des convictions personnelles qui nous y poussent.

Nous lui avons demandé ce qu’elle pensait des prostituées « volontaires », celles qui « ont choisi librement » cette orientation…

Christine affirme que le marketing veut rendre ça glamour, mais que cela reste un acte sexuel non désiré car il reste sous contrainte financière et donc que la liberté n’est pas, s’il y a un aspect pécunier.

Nous pourrions écrire encore des lignes et des lignes sur cet échange mais celui ci a dérivé sur des sujets plus personnels… 

Une chose ressort particulièrement de notre échange : Nous ne sommes pas obligés de comprendre les personnes amenées à ce prostituer, mais nous ne devons en aucuns cas les juger, mais plutôt les écouter…

« le consentement ne suffit pas, s’il manque le désir ! » – Christine Blec